R.A.S - 1973

Léa

I. Fiche technique

Réalisateur : Yves Boisset

Année : 1973

II. Résumé

1956, en pleine guerre d'Algérie. Trois rappelés français, Charpentier, Dax et March, intègrent un « bataillon disciplinaire » et sont forcés de combattre et de tuer les fellaghas algériens.

III. Dans ma copie, je peux dire que... 

- Dans R.A.S., Yves Boisset aborde le thème délicat de la guerre d'Algérie. Il livre une peinture de la vie des hommes envoyés combattre en Algérie, vue par les yeux de ses personnages principaux. Cette peinture se révèle terriblement dépréciative ; ainsi, on assiste à l'entraînement des rappelés en plein désert, à la limite de la torture. Boisset montre le malheur de ces hommes transformés en tueurs, qui mène certains personnages au cours du film à la désertion et même au suicide ; de manière générale, l'esprit de révolte gronde parmi les rappelés et les personnages principaux semblent tentés de se rebeller à chaque instant. Les conditions de vie apparaissent donc presque aussi désagréables du côté français que du côté algérien.

- Du côté algérien justement - bien que le film ne s'y attarde que très peu -, R.A.S. montre la peur des populations civiles face aux soldats français, et les persécutions dont elles sont victimes (viol d'une jeune Algérienne, mauvais traitements...).

- Enfin, Yves Boisset évoque peu, mais de façon puissante, l'usage de la torture par les Français, à travers les yeux d'un jeune soldat qui assiste pour la première fois à un « interrogatoire » par l'électricité, et en ressort choqué, avec une seule idée en tête : déserter.

- Que ce soit à travers la censure dont le film a été victime (difficultés pour tourner, disparition de bobines, interdiction aux moins de 16 ans au cinéma...) qu'à travers son titre ironique, R.A.S. (« Rien À Signaler »), le film illustre également le silence qui régnait encore au début des années 70 autour de ce douloureux épisode de l'Histoire. Cependant, l'immense succès qu'il a rencontré lors de sa sortie en salles (1ère place au box-office parisien pendant ses trois premières semaines, 1,3 millions d'entrées au total en France) témoigne d'une volonté de savoir de la part du public français au sujet de la guerre d'Algérie à cette époque, et symbolise bien le « regain mémoriel » qui s'est déroulé dans les années 70.

IV. Critique rapide

Pour moi, R.A.S. est un très bon film, au scénario intelligent et aux personnages attachants. Le jeu des acteurs (qui deviendront presque tous célèbres un peu plus tard) est excellent, et l'alternance entre scènes dramatiques et scènes plus drôles permet au réalisateur de faire parfaitement passer son message sans perdre en finesse. Un film à voir, donc, et pas seulement pour réviser son cours d'histoire...

 

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